Tu te rappelles quand tu me faisais écouter du System of a Down chaque soir, chaque nuit, quand on était au camping? Moi je m’en souviens. Tu te rappelles, comment on se regardait, comment on se comprenait si bien? Moi je m’en souviens.J’arrivais pas à dormir, toi non plus, mais on écoutait la musique et on souriait. On fermait parfois les yeux, mais on savait qu’on dormait pas toutes les deux. On attendait que le soleil se lève. Et quand il se montait enfin, on était rassurées, on dirait. On s’endormait avec les écouteurs sur les oreilles, comme si on savait qu’il ne s’enfuirait pas, le soleil. C’est les parents qui venaient nous enlever les écouteurs. Ils disaient qu’on allait se déchirer les oreilles. Mais on s’en foutait bien. On recommençait encore et encore.
La journée, on se parlait pas plus que ça. On se faisait discrètes, on s’amusait avec mes cousins, toi tu t’intégrais comme tu pouvais, moi je me forçais, seulement pour passer du temps avec toi. Comme si j'avais l'impression que tu partirais bientôt. On souriait, on attendait que le soleil se couche. Tout le monde allait se coucher… Nous on restait près du feu, silencieuse, puis ça recommençait, encore et encore. On allait chercher les couvertures dans la tente, on les mettait sur le sable, on mettait chacun notre écouteur, et on écoutait du SOAD.
Quand il pleuvait, je me rappelle ton visage, je me rappelle ton expression... Si triste, si déçu. Mais on entrait dans une "tente de jeunes", celle où il y avait le plus de place. Puis on se cachait sous les couvertures, oubliant les rires, se réduisants aux sourires, pour ne réveiller personne. On écoutait la musique, on ne dérangait personne. On n'était que nous deux, on n'était que Sarah et Stéphanie, dans un tout autre univers.
Ce groupe de musique, c’est toi qui me l’as fait découvrir. Je dois avouer qu’au début j’ai trouvé ça étrange que tu me donnes un écouteur comme ça, alors que je ne connaissais qu’à peine ton prénom. Mais j’ai toute suite aimé la musique. Je t'ai adorée, toi.
Après une petite semaine, tu es partie. Et plus jamais je ne t’ai revue. Mais je me rappellerai toujours ces moments passés avec toi, si simples. Et encore aujourd’hui, quand on me fait écouter du SOAD, quand j’en mets moi-même, c’est à toi que je pense. Et je souris. J’aimerais pouvoir retourner en arrière pour pouvoir m'étendre là, à côté de toi, sous les étoiles, sous la couverture, pour pouvoir te regarder rire, sourire, regarder les étoiles… Puis dormir.
C'était si simple, c'était si innocent... Mais ô combien réconfortant. On se comprenait, que par la pensée, que par la musique, que par les yeux, que par les rires, les gestes, les sourires, l'ambiance... Tout était étrange, on aurait dit des rêves, mais c'en étaient pas. C'était bien réel, je me souviens très bien... Je me rappelle chaque instant.
Tu me manques, je me demande bien ce que tu es devenue aujourd’hui… Aussi inusité que cela puisse paraître, tu m’as fait grandir, et tu m’as fait réaliser bien des choses. Je suis contente que tu aies croisé ma route, même si ce fut bref. J’aimerais pouvoir croiser ton regard apaisant à nouveau, j’aimerais pouvoir regarder le ciel avec toi, j’aimerais pouvoir vivre la nuit à tes côtés, j’aimerais t’écouter rire, te regarder sourire à nouveau… Seulement, je sais que jamais je ne retrouverai ces moments avec toi.
Saches pourtant, Sarah, que je n’oublie pas. Même si ça fait longtemps. Très longtemps, sans doute. Même si ce n’est qu’une petite fraction de ma vie. Même si je ne connaissais rien de toi. Même si pour d'autres, cela n'avait aucune importance. Même si tu es partie sans une dernière nuit à tes côtés… Je n’oublie pas notre complicité. Je ne t'oublie pas. Tu es l'un de mes plus beau souvenir.
1 commentaire:
c'est pas vrai ta derniere phrase ! moi tu me sers vraiment beacuoup lionne !
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