Un mal de vivre se cache derrière mon sourire depuis bien trop longtemps. Je n'ai pourtant jamais laissé ce sentiment m'arrêter. Ça m'a bien souvent ralentit, mais je sais que la volonté a toujours réussit à refaire surface après quelques temps.
Rien de grave, ça va passer, que je me suis toujours laissé dire et que je me suis toujours convaincue de croire. Mais là, j'en ai plus que marre. Ça dure depuis tellement longtemps. C'est trop.
Pourquoi se forcer à endurer une situation qu'on n'a pas envie de vivre? Pourquoi se laisser couler à pic ainsi avec seule excuse que ça pourrait toujours être pire? Ou bien que certaines personnes vivent des choses plus difficiles que nous? ...À mon avis, personne ne devrait être obligé d'endurer une situation désagréable et limite invivable.
Ce n'est pas parce que des gens meurent ou parce que des gens sont pauvres et démunis que je devrais me sentir obligé de supporter mes crises qui deviennent de plus en plus quotidiennes... C'est malheureux, mais j'en peux plus de me dire que ce n'est pas grave.
Dernièrement, j'ai donc fait le premier pas en allant consulter mon médecin de famille. Je n'en ai parlé pratiquement à personne au début. Pourquoi ébruiter un bruit qui n'est même pas encore tout à fait audible? Rien n'est diagnostiqué et rien n'est certain pour l'instant.
Pourtant, j'ai ce fort besoin de me confier depuis tellement longtemps. J'ai de la difficulté à garder toutes les émotions qui tourbillonnent en moi et j'ai donc décider d'en parler un peu autour de moi, prématurément peut-être mais bon... Résultat? Il me semble que j'ai tellement l'impression de ne pas être entendu réellement. Je parle, j'explique, je me confie, je me rassure. Mais au final, j'ai tellement l'impression que personne ne comprend réellement ce qui se passe...
Le courage qu'il m'a fallu pour faire les premiers pas. Le courage qu'il m'a fallu ensuite pour l'avouer autour de moi, pour en parler et pour essayer de m'en délivrer. Puis quoi? Rien du tout. Je me sens toujours aussi mal. Le mal de vivre se trouve encore logé là, au fond. Il me donne les larmes aux yeux à chaque coin de rue et me fait passer pour folle une fois sur quatre. Et ça, personne ne le sait parce que je m'éloigne de tout.
Ma vie sociale en arrache. Je ne vois plus personne. Je n'ai plus d'intérêt pour rien, je reste chez moi et j'essaie de ne pas devenir folle. Je dors mal, je suis toujours brulée... Je ne sais plus quoi faire. C'est pour ça que j'ai décider de consulter d'ailleurs. Trop c'est trop.
En plus, en ce moment, je ne devrais pas être aussi préoccupée. Je passe du bon temps avec mon amoureux à Montréal pendant trois semaine, en plein centre-ville où tout est accessible à deux coins de rue, littéralement. J'avais tellement hâte au mois d'avril... Et j'ai l'impression de ne pas en profiter et d'en faire baver à mon amoureux en plus... Dans cette histoire là, c'est clair que c'est lui la première victime...
J'en ai marre de me faire dire que mon problème est imaginaire. Il est là et personne ne va pouvoir le faire partir en claquant des doigts ou en me disant quelques paroles réconfortantes. Il n'y a que moi qui peut y changer quelque chose... Et pour ça j'ai besoin d'aide. Et ça ne m'aide en rien si tout le monde continue de fermer les yeux autour de moi...
Enfin bref. On verra bien ce qui s'en suivra... Pour l'instant je tente de survivre et c'est tout ce qui importe.