lundi 15 juin 2009

Parce que j'avais envie de construire une suite à cette histoire un peu trop rose dès le début. Peut-être y en aura-t-il encore, ensuite.

Cela faisait maintenant un bon moment que Stéphanie et Pierrot regardait la neige tomber sur eux. Le temps était plutôt frais et la jeune fille commençait à sentir ses jambes s'engourdir sous le poid de la neige qui s'était accumulé sur elle depuis qu'ils s'était allongés au sol. Non pas qu'ils avaient été là des heures, mais les flocons se faisaient de plus en plus abondants dans le ciel.

La jeune fille pivota légèrement la tête et accota une de ses oreilles au sol afin de pouvoir regarder dans la direction de son nouvel ami qui avait les fermer les yeux. Stéphanie pouvait sentir tout le flanc droit de son corps contre le sien. La proximité qui les rapprochait à cet instant la rassurait. Elle se sentait à l'abris des tourments, à l'abris de la tempête qui menaçait au loin. Sans doute aurait-elle voulu rester sur cette petite montagne toute la nuit avec lui.

Tout était calme, quand soudain, quelques jeunes passèrent près de la montagne. Leur voix était si forte, on aurait dit qu'ils leur criaient dans les oreilles. Pierrot ouvrit alors les yeux pour regarder d'où provenait ce boucan et remarqua du coin de l'oeil que Stéphanie le regardait sans doute depuis un petit moment déjà. Un petit sourire mystérieux se dessina alors sur ses lèvres et il se rassit. Ses cheveux derrière sa tête étaient complètement glacés et semblaient dur au touché. Cela se confirma alors que la jeune fille se retrouva maintenant assis elle aussi, un peu en suspend derrière lui, et passait ses doigts dans ses cheveux pour défaire les glaçons qui s'y étaient pris.

Pierrot ne la laissa pas faire longtemps et lui prit la main doucement, la caressa puis la reposa au sol entre eux-deux. Il sourit puis se mit à chercher quelque chose dans ses poches. Sans doute cherchait-il une cigarette, mais surement avait-il oublié qu'il avait fumé sa dernière il y a quelques minutes, alors qu'il était arrivé près de Stéphanie. Celle-ci mit elle aussi fin à ses gestes en posant sa main sur la sienne. Il arrêta enfin de bouger et regarda la jeune fille dans les yeux.

«Stéphanie..., commença-t'il avant de se faire intérrompre sur le champ.
-J'ai pas envie de t'voir partir Pierrot.
-Les gens finissent toujours par partir, tu dois savoir ça.
-Mais tu n'es pas obligé de t'en aller cette fois-ci... Non?»

Le garçon poussa un petit rire puis soupira avant de poser son regard dans celui de la jeune fille. Il posa sa main sur sa joue et la caressa du bout de ses doigts. Stéphanie ferma les yeux et s'éfforça de ne pas laisser perler les larmes que ses yeux gardaient derrière ses paupières fermées.

«Si tu savais comme j'ai envie de rester, cette fois-ci. Mais je n'peux pas, c'est contre moi. J'aimerais pouvoir te tenir la main à travers cette tempête et après aussi. Je sais combien c'est dûr d'être seul. Seulement, je dois partir, tu comprends? Il faut que tu saches que ce sera plus facile ainsi... J'préfère ne pas être là complètement qu'être là simplement à moitié.»

Stéphanie ouvrit les yeux et ses larmes ne purent s'empêcher de couler alors sur ses joues. Pierrot les chassa du revers de sa main, encore une fois. La jeune fille ne comprenait pas ce que venait de lui dire son nouvel ami. Pourquoi disait-il que c'était contre lui et qu'il devait partir? Elle plissa les sourcils. Non, elle ne comprenait pas, et elle n'avait pas envie de comprendre... Elle voulait simplement qu'il reste, c'est tout. S'il le voulait vraiment, il pouvait rester, non?

«Non, je n'comprends pas. Je n'comprends pas du tout, poussa-t-elle.
-J'suis désolée Stéphanie, c'est contre moi, c'est vrai... Il n'y à rien à comprendre.
-Pourquoi alors es-tu venue à moi si tu savais que t'allais devoir partir ensuite?
-Eh bien je croyais que t'aimerais bien un peu de compagnie, c'est tout... Je n'savais pas que tu t'attacherais si rapidement...
-Comme tu l'as dis tantôt, l'intérompit-elle, j'aurais préféré que tu ne sois pas venu à moi complètement plutôt que d'être venu à moitié.»

La jeune fille le regardait toujours dans les yeux. Elle n'avait pas envie qu'il sorte de sa vie maintenant et s'en voulait d'être sortie si tard dans la nuit. Si elle serait restée chez elle cette soirée là, elle aurait au moins vécu dans l'ignorance... Ce qui était sans doute mieux que la peine de cette perte à laquelle elle allait devoir faire face. Décidée à mettre fin à la situation dès maintenant, elle mit alors sa main sur la sienne, la caressa encore un petit moment alors qu'il restait là en silence, à la regarder pleurer. Puis elle se leva et dévala la montagne à toute vitesse. Elle continuait à courir sous la neige, alors que la proximité qu'elle avait connu il y a quelques instants avec son nouvel ami disparaissait peu à peu derrière elle...



[...]

1 commentaire:

Charles a dit…

Je serais curieux de savoir d'où provient l'inspiration.