jeudi 5 mars 2015

Au beau milieu de l'océan


Je suis dans l’océan. En plein milieu de l’océan. Je ne vois plus la terre, peu importe de quel côté je regarde. Les possibilités sont infinies. Vers quel côté aller? Le soleil m’aveugle et je suis désorientée. À la surface, mis à part mon visage ébloui par la lumière, tout semble bien aller. Pourtant, sous l’eau, mes jambes se font aller à toute vitesse. J’ai peur de couler, j’ai peur de ne pas arriver au bord à temps, j’ai peur de me tromper de direction.

De temps à autre, un bateau passe auprès de moi. Il reste un moment, mais repart aussitôt. Personne ne voit ma détresse, personne ne comprend pourquoi je reste là sans bouger, sans crier, sans demander d’aide. Ils repartent, tout simplement. Je reste seule au beau milieu de nulle part, seule avec moi-même et rien d’autre. Seule avec ma solitude. Ma grande solitude.

Il fait soleil, c’est agréable. Il ne faut pas paniquer. Je suis dans mon esprit, je réfléchis, je pense à ce qui m’a amené là et à ce qui m’attendra sur la terre ferme. J’ai le sourire aux lèvres, je crois que je suis heureuse. C’est un défi à relever, tout simplement. J’y arriverai et je leur prouverai que je suis forte. Je me prouverai que je suis forte.

C’est alors que l’océan commence à s’agiter. Je commence à perdre mes moyens. Je suis vulnérable et mon sourire disparaît pour laisser place à la peur. J’ai peur de couler, j’ai peur de manquer d’air, j’ai peur de me perdre sous l’eau à jamais. J’ai peur de disparaître. Je commence à paniquer, je fais aller mes jambes à tout rompre. Je suis à bout de souffle. Une vague en enchaine une autre et je m’étouffe. Je tente de reprendre mon souffle, sans trop de succès. J’ai l’impression que je vais mourir dans cet orage. J’ai l’impression que jamais ça ne cessera…

Puis, le beau temps revient aussi rapidement que l’orage est passée. Je reprends mon souffle, je me laisse flotter sur la surface de l’eau, sur le dos. Je me laisse bercer par les résidus de vagues et je ferme les yeux. Je suis exténuée. Je profite du soleil sur ma peau, un sourire au visage à nouveau. Je m’en sortirai, je trouverai ce que je cherche un jour. Il ne faut pas paniquer. Le positivisme m’envahit et je sais que j’arriverai à me retrouver un jour. Il faut tout simplement y croire très fort. Il faut persévérer et attaquer ce qui s’en vient.


Puis, l’orage revient au loin… Je le vois s’approcher de moi sans que je ne puisse rien y faire. Je dois encaisser et survivre. Ça passera. Ça passe toujours. Mais j’ai hâte de voir les arbres et le sable chaud. Je crois que les vagues auront raison de moi tôt ou tard, si je ne prends pas de décision bientôt… Vers quel côté aller?

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