Quand tout va bien, je me méfie. Il y a toujours anguille sous roche. Ce n'est jamais tout blanc pour moi.
Tous les jours, je dois vivre avec mes humeurs extrêmement variantes. La joie intense, le néant, la colère noire, le sentiment d'abandon, la solitude, le rejet, l'envie, la jalousie, la dépression. Tout est amplifié chez moi. J'ai l'impression d'être à moi seule un exposant infini. Pour moi, c'est toujours blanc ou noir. Il n'y a aucune nuance. Le gris, je ne connais pas ça. C'est peu commun pour moi. Jamais je ne suis au neutre. C'est les montagnes russes à tous les jours. Parfois, j'ai envie de me jeter dans le vide. De sauter du wagon. De quitter le manège. Je ne le fais pas, mais je le pense presque tous les jours.
Quand je vais mal, j'ai l'impression que la planète va exploser. J'ai l'impression que la seule solution à mes problèmes, c'est de m'enfouir sous terre jusqu'à ce que je meurs au bout de mes pleurs. Quand ça ne va pas, rien ne va. Plus personne n'est assez bien pour moi, plus personne n'y peut quelque chose. Je suis seule, je me sens abandonnée, incomprise, rejetée, impuissante, vulnérable... Tout peut me détruire. Un mot, un geste, une parole... Tout peut faire la différence. Tout s'écroule autour de moi. Je pleure et je cris à l'intérieur, j'ai l'impression qu'une partie de moi meurt chaque fois et que je dois en faire le deuil pendant des jours et des jours. C'est une roue sans fin. Je veux mourir, je veux m'enfuir, je ne sais plus quoi faire et vers qui me tourner. Je me sens anéantie, affaiblie, affreuse, misérable... La fin du monde pourrait se produire sous mes yeux, ça m'arrangerait, ça m’apaiserait peut-être. Je veux que ça finisse.
Quand je vais bien, j'ai l'impression de m'envoler. Tout va bien et ça paraît. Je suis aux anges. Il y a des chansons qui jouent dans ma tête. Des papillons se chamaillent dans mon ventre, mes jambes ne m'obéissent plus, j'ai l'impression que je pourrais faire le tour de la planète à pied. Plus rien n'a de secret pour moi. Je veux tout régler, je suis motivée et j'ai l'impression que je suis LA personne qui peut faire la différence sur terre. Je me sens puissante et personne ne peut rien y changer. C'est comme ça, je suis heureuse. Je pourrais mourir demain, j'aurais l'impression d'avoir accompli des miracles sur terre. Je serais comblée et je n'aurais pas pu rêver d'une plus belle vie. Autour de moi, tout es rose, comme moi, comme ma tête et mon coeur. Il n'y a que du positif et c'est incroyablement réconfortant. Je veux que ça persiste.
Le côté blanc de moi, je le prendrais à volonté. Il m'épuise, mais m'apaise en même temps. Il est essoufflant peut-être, trop optimiste, mais rassurant. Il me donne des ailes. Il me rend comblée et confiante à propos de ma vie et de ce que je veux. L'autre côté, celui qui est tout noir, je le déteste. Il m'épuise, et me détruit tout en même temps. Il est essoufflant, très pessimiste, décourageant. Il me plonge dans le néant. Il me rend complètement désarmée et j'ai l'impression que plus rien ne pourra être rose à nouveau.
C'est difficile d'être moi à tous les jours. C'est ma tête qui est malade. C'est mon coeur qui crit à l'aide. Ça ne va plus et en même temps, c'est si beau. Je ne sais plus comment me sentir et comment réagir. Je me sens limite. Comme ma personnalité.
1 commentaire:
Ouais, je peux comprendre tout ça... Pour moi, c'est bien différent bien sûr. Ce sentiment que tu décris, je l'ai vécu longtemps à l'adolescence. J'en suis sortie et depuis, ça va bien mieux.
Je sais que pour toi, ça sera à tous les jours. Des combats constants contre toi-même.
En écrivant cette dernière phrase, je me rends compte qu'on doit tous combattre nos faiblesses à chaque jour. Pour toi, c'est essayer de lutter contre la partie noire et sombre de toi-même... Pour moi, c'est plutôt mes innombrables peurs, mon inaction constante. On a tous des problèmes différents mais au fond, on est tous un peu pareils.
Toi, tu es limite. Moi je me considère comme extrême. J'ai toujours trouvé complètement fou le fait que soit je ne bouge pas du tout, pas d'un seul millimètre... et qu'au jour d'après, je parcours 500 km comme si de rien n'était. Comme si le fait de bouger juste un peu était totalement inutile à mes yeux, que je rassemblais mes énergies pour un plus long voyage. Souvent, cette partie de moi me décourage tellement. J'essaie aussi de la combattre mais c'est épuisant. Trop parfois.
Je t'aime chou, tu le sais? En ce moment on s'est pas trop trop donné de nouvelles toi et moi, j'ai l'impression de courir à droite et à gauche inutilement parce que finalement, je néglige encore trop de gens dans ma vie. Seigneur. La session finit dans exactement 28 jours et jte jure qu'après ça, tu vas être écoeurée de me voir la face à force =)
Arie xxxxx
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